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Inauguration de la place Sophie Scholl, le 24 octobre 2008

“Das Gesetz ändert sich, das Gewissen nicht.”

“Les lois changent, la conscience demeure.”

(Sophie Scholl)

Ce site est dédié à la Résistance allemande qui sera mise à l’honneur le 24 octobre 2008 lors de l’inauguration de la Place Sophie Scholl après 25 années de jumelage du Lycée Jean Bart avec le Lycée Sophie Scholl de Munich. Ainsi, nous serons fidèles à l’hommage prononcé par l’écrivain Thomas Mann le 27 juin 1943 sur les ondes de la BBC à propos des résistants Hans et Sophie Scholl et de leurs amis éxécutés en 1943 :

“Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés”.

Ils sont morts en des temps de barbarie pour l’honneur et la liberté.

I. QUI ETAIT SOPHIE SCHOLL ?

Une étudiante en biologie et philosophie, née dans la région de Ulm en 1921 de parents luthériens, une personnalité attachante, jeune fille rieuse qui aimait la vie, la musique (Schubert et le jazz) et son pays. Elle avait adhéré en 1933, à douze ans, ainsi que son frère Hans âgé de 15 ans, au mouvement de la « Jeunesse hitlérienne ». Sa soeur aînée, Inge Scholl, raconte dans « La Rose blanche, Six Allemands contre le nazisme » paru aux Editions de Minuit en 1953, l’enthousiasme des débuts, la désillusion puis l’engagement, l’insurrection de la conscience :

“La politique entrait pour la première fois dans notre vie. On commença à nous parler de patrie, de camaraderie, de communauté populaire et d’amour du pays. Ces notions s’imposaient à nous et nous écoutions, enthousiasmés, ce qu’on en disait à l’école ou dans la rue.” (p. 22) “Nous apprenions que Hitler voulait apporter à l’Allemagne la grandeur et le bien-être qui lui manquaient. Il entendait procurer à chacun du pain et du travail, en donnant à tout Allemand l’indépendance, la liberté et le bonheur. Ce programme nous plaisait et nous voulions consacrer toutes nos forces à le réaliser. (...) Nous étions pris au sérieux, d’une façon merveilleuse, et cela nous remplissait d’ardeur.” (p. 23)

Ils furent très vite heurtés par les restrictions culturelles qu’on leur imposait : les chants d’origine étrangère furent interdits, leurs auteurs allemands favoris furent mis à l’index, comme Stefan Zweig, bientôt contraint à l’émigration. Leurs lectures devinrent clandestines, par exemple Saint Augustin et Pascal. Un jeune professeur disparut mystérieusement, envoyé en camp de concentration.

Ils conclurent : “Notre pays ressemblait tout entier à un immense cachot”. (p. 30) Ils exprimèrent à leur père leurs doutes à cœur ouvert. Celui-ci leur expliqua le lien entre la crise de 29 et l’arrivée d’Hitler au pouvoir : “En un temps d’extrême misère, tout ce qui est mauvais prend le dessus. (...) Et quand l’existence d’un homme devient impossible, qu’il ne voit en son avenir qu’un mur gris, infranchissable, il prête attention aux promesses, on le dupe, peu lui importe qui lui tient ces discours insensés.” (p. 31)

De fait Hitler avait écrit, et les résistants le rappelleront dans leur deuxième tract : “On ne peut pas s’imaginer à quel point il faut tromper un peuple pour le gouverner.” (p.127)

Hans et Sophie entreront en Résistance en 1942.

“Il n’est rien de plus indigne d’un peuple civilisé que de se laisser, sans résistance, régir par l’obscur bon plaisir d’une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n’a pas honte aujourd’hui de son Gouvernement ? Qui d’entre nous pressent quelle somme d’ignominie pèsera sur nous et sur nos enfants quand le bandeau, qui maintenant nous aveugle, sera tombé (...) ?” (p.121) Ce sont les premiers mots du premier tract écrit par Hans Scholl et Alexander Schmorell au printemps 1942. Il est signé « La Rose Blanche ».

II. QU’EST CE QUE « LA ROSE BLANCHE » ?

Un mouvement de résistance étudiant dont on a pu dire qu’il a été plus éthique que politique dans la mesure où il a tenté de triompher par l’esprit de la violence des armes.

SES MEMBRES

Hans Scholl (1918-22 février1943) et Alexander Schmorell (1917-13 juillet 1943) sont étudiants en médecine à Munich. Christoph Probst (1919-22 février 1943) et Willi Graf (1918-12 octobre 1943) également. Sophie (1921-22 février 1943), étudiante en philosophie et biologie, les rejoint. Puis le professeur de philosophie Kurt Huber (1893-13 juillet 1943).

SON BUT, SES MOYENS

Leur but est de susciter le ressaisissement éthique des consciences allemandes par la diffusion de tracts. Ils appellent chacun de leurs lecteurs à rejoindre “la chaîne de la résistance de la pensée”. Ils suivent en cela l’exemple de l’évêque de Münster, von Galen, dont les prises de position contre l’euthanasie circulent sous le manteau (p. 39). D’abord destinés à des intellectuels de Munich, les tracts atteignent d’autres couches de la population et se répandent jusqu’à Hambourg et Berlin. Ils sont imprimés à plusieurs milliers exemplaires. L’été 43, l’aviation anglaise jettera au dessus des grandes villes allemandes un million d’exemplaires du sixième et dernier tract.

Pour consulter les six tracts de la Rose blanche
- en allemand, cliquer ici
- en français, cliquer ici

LA DECAPITATION

Hans Scholl, Alexander Schmorell et Willi Graf envoyés en juillet 42 sur le front russe, découvrent les exactions commises à l’Est contre les Juifs et les populations polonaises. Après la défaite de Stalingrad (2 février 43) l’action de la Rose Blanche s’intensifie. Hans et Alexandre écrivent la nuit des slogans hostiles au régime sur les murs du quartier universitaire : « A bas Hitler ! » et « Liberté ! ». Le 18 février 1943, Sophie et Hans lancent des centaines de tracts dans la cour intérieure de l’université de Munich ; le concierge les livre à la Gestapo. C’était le jour même où Goebbels allait appeler l’Allemagne à la « guerre totale » devant 3 000 personnes au Palais des Sports de Berlin.

Ils sont condamnés à mort le 22 février par le « Tribunal du Peuple » pour faits de « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l’ennemi et démoralisation des forces militaires » et sont guillotinés le jour même. 80 personnes sont arrêtées dans le sud de l’Allemagne et 50 dans la région de Hambourg pour avoir collaboré de près ou de loin avec le mouvement.

III. RESISTANCES ET ATTENTATS

On dénombre beaucoup d’autres mouvements de résistance en Allemagne, par exemple « L’Orchestre Rouge » ou le « Cercle de Kreisau » . Des hommes et des femmes de tous milieux et de toutes conditions se lèvent, au péril de leur vie : ouvriers, aristocrates, étudiants, officiers, hommes politiques de tous bords, journalistes, prêtres et pasteurs. Ils sont présentés sur le site allemand « Widerstand gegen den Nationalsozialismus » et sur celui du DHM de Berlin, ainsi que sur les sites français « Chemins de mémoire » et Wikipedia

Il y eut une trentaine d’attentats organisés contre Hitler. Le plus connu est le complot du 20 juillet 1944, nom de code Opération Walkyrie, organisé par des chefs militaires autour du comte von Stauffenberg.

IV. LES SITES EN FRANCAIS SUR LA ROSE BLANCHE :

- La décapitation de la ROSE BLANCHE
- Des élèves de TL ont choisi le thème de la ROSE BLANCHE en TPE. Leur site mérite une visite. Cliquez ici.

DES SITES EN ALLEMAND SUR LA ROSE BLANCHE :

- l’un, facile à consulter pour nos élèves germanistes dans « PlanetWissen »
- l’autre, très complet : Die Widerstandsgruppe Münchner Studenten
N.B. Des extraits de la correspondance entre Sophie Scholl et son fiancé Fritz Hartnagel ont été publiés. On peut lire à ce sujet l’article on line du journal Die ZEIT (8/12/05).

FILMOGRAPHIE

Die Weiße Rose, de Michael Verhoeven, 1982, avec Lena Stolze dans le rôle de Sophie Scholl.

Fünf letzte Tage, de Percy Adlon, 1982, également avec Lena Stolze.

Sophie Scholl, les derniers jours, de Marc Rothemund, 2005, avec Julia Jentsch. Film remarquablement documenté grâce à des archives sur la Gestapo accessibles depuis les années 1980.

Sur le film de Marc Rothemund, on peut voir aussi Sophie Scholl, die letzten Tage - ou aller sur le site « Kino macht Schule ». Dans ce site ne manquez pas de cliquer sur « Bilder » !

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Informations de l'article

Dernière mise à jour :
» le vendredi 17 avril 2009

Ecrit par :
» F. Chartier

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