Lycée Jean Bart
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Le bilan a été réalisé à partir d’une étude réalisée sur une cohorte de 86 élèves qui ont doublé leur seconde en 05/06 ; on comparera les élèves ayant bénéficié du dispositif passerelle et ceux qui ont doublé « classiquement ». Les indicateurs utilisés sont les orientations à la fin de la seconde et les notes obtenues en 1re en 06/07, le taux d’absentéisme pour l’aspect quantitatif, ainsi que des témoignages d’élèves pour l’aspect qualitatif. (Annexe 7)
Le 1er indicateur est le taux d’élèves qui après avoir doublé leur seconde n’accéderont pas à la 1re
Elèves de 2nde passerelle - Réorientation BEP : 14,28 % Elèves de 2nde classique - Réorientation BEP - Triplement - Abandon : 30 %
On peut noter que nos élèves de passerelle choisissent la réorientation en BEP : ils sont davantage conscients de leurs compétences et des difficultés qu’ils rencontreraient en 1re. Pour les élèves doublants classiques, la réorientation est vécue comme un échec supplémentaire, ce qui pousse certains à persister dans une voie qui ne semble pas être la meilleure pour eux (triplement).
Le taux d’échec plus important pour les doublants classiques peut être imputé au regard porté par les enseignants sur les doublants (Annexe 1) : à moyenne égale, l’équipe éducative est toujours plus exigeante avec un élève doublant ; en classe passerelle, les enseignants, conscients de cet effet sont plus vigilants.
Le second indicateur porte sur les orientations en classe de 1re :
Le panel des séries dans lesquelles s’orientent les élèves de passerelle est plus large : toutes les séries présentes au lycée sont choisies, auxquelles s’ajoutent des orientations en STAV. Pour les doublants classiques, l’orientation se fait massivement vers les 1res STG et ES. Là encore, il semble qu’une meilleure prise de conscience de leurs compétences permet aux élèves de mieux s’orienter. (Annexe 5)
Le troisième indicateur est le taux de réussite en 1re :
| Elèves de 1re issus de | Moyenne inférieure à 10 | Moyenne comprise entre 10 et 12 | Moyenne supérieure à 12 |
|---|---|---|---|
| 2nde passerelle | 34,7% | 47,8 % | 17,30 % |
| 2nde classique | 42,8 % | 57,2 % | 0 % |
La réussite est plus importante chez les élèves issus de passerelle (et cela toutes séries confondues). Malgré tout, le taux d’échec en 1re nous semble encore trop élevé ; plusieurs facteurs pourraient en être la cause :
On remarque d’ailleurs que les élèves passés en 1re S passerelle, et qui continuent de bénéficier de certaines aides n’éprouvent pas ces difficultés. On peut en conclure que le « desétayage » semble trop brutal pour certains de nos élèves ; il y a là une piste à creuser. Enfin, les 17,30 % d’élèves qui sont en état de réussite totale sont ceux qui avaient atteint un grand degré d’autonomie à la fin de leur seconde passerelle.
Le quatrième indicateur : l’absentéisme
Le nombre moyen de demi-journées d’absence est de 14,2 pour les doublants de passerelle, contre 19 pour les autres doublants.
Si on exprime l’absentéisme en %, il est de 2,78 % pour l’ensemble des secondes et de 2,69% pour les doublants de passerelle ; mieux, si on extrait de l’ensemble des secondes deux classes exceptionnelles pour lesquelles le recrutement des élèves fait que l’absentéisme n’est pas de mise, on arrive à 3% d’absentéisme sur l’ensemble des secondes comparables.
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes ; les causes peuvent être multiples :
mais aussi :
Le cinquième indicateur : le ressenti de nos élèves.
1 - Ce qui est vécu positivement :
Plus d’aide Les élèves sont unanimes : les professeurs les aident plus et…mieux. Ils les aident davantage en adaptant le rythme des progressions pédagogiques et celui du travail. Cette adaptation est réalisable parce que leurs besoins et leurs difficultés sont mieux ciblés.
Une meilleure écoute Beaucoup d’élèves se sentent davantage écoutés, tant pendant les cours où les professeurs prennent le temps de ré-expliquer, qu’au niveau du tutorat où, en petit comité, on ose parler de ses problèmes, de ses difficultés. Cet intérêt qu’ils ressentent de la part de leurs professeurs participe également à leur (re)motivation.
La remotivation Elle est d’abord due à des cours jugés plus « intéressants », qui leur semblent davantage accessibles puisque appropriés à leurs besoins et à leur projet. C’est ainsi que les différents modules proposés sont perçus, et anticiper le programme de première leur permet de mieux prendre conscience du travail à effectuer et des compétences à acquérir. Cette motivation est, pour certains, à l’origine de progrès dus à une augmentation du travail personnel ou à une meilleure écoute en cours. Pour d’autres, la motivation a pour source une reprise de confiance due notamment à une meilleure relation avec les enseignants.
Des relations améliorées Les professeurs leur semblent plus proches, ils s’investissent et passent plus de temps avec eux pour les aider. Cette meilleure relation professeur/élèves rejaillit sur l’ambiance de classe. En général, les élèves se sentent plus à l’aise dans ces classes où ils ne sont pas stigmatisés, puisque tous sont logés à la même enseigne.
2 - Quelques points de vue négatifs
Absence de motivation Quelques élèves sont restés sur leurs blocages. « Je n’avais pas envie » : cette remarque met le doigt sur un manque du dispositif : un travail plus approfondi avec les COP sur le projet de l’élève par exemple…
Pas assez de tutorat Le rythme des séances de tutorat n’est pas identique pour tous les élèves ; certains, qui au vu de l’enseignant, pouvaient en être dispensés, exprimaient quand même un besoin (ne serait-ce que d’être félicités ? ou simplement écoutés). Faut-il revoir la façon d’envisager le tutorat ?
Au niveau du contenu de certains cours Certains élèves ont encore eu l’impression de refaire à l’identique et ont été déçus, ne voyant pas l’intérêt d’être en passerelle ; il faudra veiller davantage au contenu des cours, innover tout en restant dans les limites du programme, ne pas oublier qu’ils ont des lacunes, tenir davantage compte des acquis de l’année antérieure, anticiper davantage sur le programme de 1re.
3 - Un retour des « anciens » (élèves actuellement en terminale S passerelle)
La plupart ont apprécié l’encadrement plus étroit dont ils ont pu bénéficier ; l’effectif restreint a en effet permis un accompagnement et une pédagogie plus diversifiée, même en terminale. Leur investissement en retour a également été plus important, même si certains ont eu un peu de mal à tenir la distance et se sont un peu essoufflés. Les résultats en terminale sont à peu près les mêmes que dans les autres TS ; quatre élèves sur 22 ont un très bon niveau, 60 % ont la moyenne et aucun n’a moins de 8 (note nécessaire pour le rattrapage). Il est clair que le projet leur a permis de reprendre confiance en eux et de prendre conscience de leurs capacités.
Ces témoignages ne font que conforter les études déjà réalisées (Annexe 1) et ne sont pas éloignés des témoignages des élèves ayant bénéficié du dispositif « classe de doublants » en 1993 (Annexe 6).
Que faut-il faire pour convaincre davantage ?
Dernière mise à jour :
» le lundi 2 juin 2008
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