Lycée Jean Bart
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Accueil du site » Second cycle » Classes passerelles » Présentation du projet
Le redoublement est une pratique dont l’efficacité est aujourd’hui remise en cause par les chercheurs et les études comparatives. (Annexe 1) Cette remise en cause tient particulièrement au fait qu’en général, le redoublement lorsqu’il n’est pas accompagné prend mal en compte les causes de l’échec et propose plutôt une répétition à l’identique d’une scolarité qui a échoué qu’une remédiation qui ne peut être qu’individuelle. Au lycée, cela se traduit par des réorientations en BEP après 2 années en seconde ! Par ailleurs, le passage en classe supérieure d’élèves fragiles n’est pas souhaitable, ces derniers étant soumis à un rythme qu’ils ne peuvent soutenir. Malheureusement peu de ces élèves décident de doubler leur 1re et vont donc à l’échec.
Le constat de l’inefficacité du redoublement tel qu’il est pratiqué nous amenait à chercher des réponses aux questions suivantes :
En résumé, comment rendre efficient un doublement.
Le premier projet (1993/1994) a été la création d’une classe exclusivement constituée d’élèves doublants : entres pairs, certains complexes disparaissent. L’objectif principal était la reprise de confiance en soi et la meilleure connaissance de soi. L’idée qui rassemblait les enseignants de l’équipe était de croire en la perfectibilité de chaque élève. (Annexe 2) Ce projet a été reconduit douze ans, mais le départ de certains membres de l’équipe, la perte de vue des objectifs initiaux due en grande partie à l’évolution du public visé, certaines contraintes institutionnelles, nous obligeaient à revisiter ce projet vieillissant que l’on sentait devenir inadapté au nouveau public. En parallèle, la création d’une classe « passerelle S » (cycle terminal en 3 ans) destinée aux élèves désirant poursuivre en série scientifique a mis en évidence que ces élèves étaient davantage motivés que les autres doublants. Cette motivation pouvait avoir plusieurs causes :
Certains collègues qui enseignaient à la fois dans les deux classes projet (classe de 2nde doublants et classe de 2nde passerelle scientifique) ont pu mesurer l’impact des remédiations proposées, à la fois sur la motivation des élèves, mais aussi sur les résultats scolaires. C’est ainsi qu’est née l’idée de « mixer » les deux projets, afin d’étendre à l’ensemble des doublants un nouveau dispositif. Le projet « 2nde passerelle » était mis en place à la rentrée 2005
L’action consiste à regrouper les élèves qui auraient dû doubler ou qui se sentent un peu fragiles pour aborder la série de leur choix dans deux classes, ceci sans tenir compte de leurs vœux d’orientation émis à la fin de leur 2nde. A ce niveau, le mélange des élèves, toutes filières confondues, nous semble être un élément de motivation non négligeable. Les classes seront alignées certaines demi-journées afin de permettre des regroupements en fonction d’enseignements modulaires choisis par les élèves selon leur vœu d’orientation.
Le premier mois est consacré à une observation fine grâce à un tutorat et à des évaluations diagnostiques afin d’aider les élèves à conforter le choix de leurs modules. L’équipe a fondé son action sur une stratégie de repérage et d’identification précoce des difficultés des élèves. Rapidité et réactivité s’avèrent être des clés essentielles pour lutter contre l’échec. Trop souvent, en effet, les élèves en difficulté accumulent lacunes, difficultés et handicaps qui s’installent durablement et compromettent leur réussite scolaire. Les modalités de repérage sont diverses et les enseignants construisent différents outils pour y parvenir.
Les élèves restent dans leur classe pour les enseignements dits de socle commun (lettres, mathématiques, histoire-géographie, ECJS, EPS, LV). Ils sont répartis en modules à certains moments (lettres, histoire-géographie, mathématiques, SP, SVT, SES, éco-gestion), les horaires de ces disciplines correspondant aux exigences de l’orientation. (Annexe 3 : emploi du temps) Les difficultés sont régulièrement repérées et identifiées. En réponse, l’équipe offre l’aide et le soutien adaptés, soit au sein d’une structure de remédiation interne à l’établissement lorsqu’il touche au savoir scolaire, soit en orientant les jeunes vers les partenaires compétents. (COP, assistante sociale, infirmière, Centre Médico Psychologique…) Après un bilan trimestriel, l’élève se voit conforté dans son choix ou conseillé de changer de modules.
A la fin de l’année, l’orientation est prononcée, et les élèves intègreront une 1re correspondant à leurs compétences, ou seront réorientés le cas échéant. Seuls les élèves passés en 1re S, regroupés avec des doublants de 1re S bénéficieront d’un dispositif analogue.
C’est en prenant en compte les « figurants du fond de la classe », « nés mauvais élèves », « qui ne se sentent pas à la hauteur de l’Institution » et « qui semblent nous dire que seule leur présence suffit dans une classe qu’ils n’ont pas choisie » que vont émerger deux questions : comment faire pour que les élèves se réconcilient avec eux-mêmes et qu’ils reprennent confiance dans l’École ? Comment prendre en charge des élèves installés dans un échec intériorisé et « qui n’y croient plus » parce que l’image qu’ils ont d’eux-mêmes est dégradée ? La réponse est de faire en sorte qu’ils trouvent ou retrouvent du sens à leur scolarité, qu’ils soient conscients de leurs devoirs, et de leurs droits d’élève , pour être mieux à même de bâtir un projet et de le faire aboutir. Dans cette perspective, quatre grands types d’action sont mis en œuvre par les enseignants de la 2nde passerelle
Du tutorat, de l’AI élargie à des disciplines classiquement non concernées, permettent d’impliquer davantage les élèves dans leurs apprentissages. Les enseignants amènent les élèves à réfléchir, analyser et expliciter leur propres processus d’apprentissage. Grâce à ce travail sur la métacognition, ils peuvent ainsi remettre en cause les méthodes qu’ils utilisent et faire le point sur les savoir-faire fondamentaux et les compétences transversales qu’ils ont ou non acquis pour aller vers davantage d’autonomie. Apprendre à organiser son travail, à gérer son temps, apprendre à apprendre, analyser un document, savoir repérer et prendre en compte les éléments d’un énoncé, organiser sa pensée dans un raisonnement et transférer les acquis d’une discipline à l’autre sont bien des savoir-faire fondamentaux qui conditionnent la réussite et ne relèvent pas de l’implicite. Grâce à cet accompagnement personnalisé, les enseignants permettent à l’élève de retrouver des repères, de relativiser les difficultés, de modifier positivement l’image de soi ; ils lui proposent des séquences d’apprentissage à sa portée avec des objectifs fixés en fonction des compétences et non uniquement en fonction d’un niveau supposé de classe.
Un conseil de classe élargi aux élèves. Les élèves assistent au conseil (par petits groupes de trois) ; il ne s’agit plus de faire un constat « peut faire mieux », entériné par les délégués, mais il s’agit, dans le cadre d’une pédagogie de projet, d’orienter l’élève vers un type de remédiation personnalisée. Ce conseil largement préparé par le professeur principal après une réunion de l’équipe pédagogique et présidé par le Proviseur Adjoint, garant de l’Institution, est d’une durée de deux heures. A l’issue du conseil, une réunion est programmée avec les parents : l’objectif est de leur remettre en mains propres le bulletin, et surtout de l’analyser avec eux ; l’ensemble des collègues participe à cette remise personnalisée, dont l’objectif est également d’impliquer davantage les parents.
Une pédagogie de contrat :
Si on fait le bilan :
Une concertation de tous les instants qui commence dès le mois de juin par la cooptation des collègues ; un des éléments de la réussite se trouve être une entente parfaite au sein de l’équipe et un grand nombre de collègues travaillent ensemble depuis un certain temps, ce qui n’empêche pas néanmoins l’intégration de nouveaux membres chaque année.
Travail de préparation :
L’équipe constituée va déterminer la composition des classes : sont choisis en priorité les élèves repérés lors des conseils de classe du 3e trimestre et signalés par les professeurs principaux, les familles de ces élèves ayant donné leur accord (le dispositif passerelle étant bien connu dans l’établissement, ce sont souvent les familles qui font la demande de doublement dans la classe passerelle) ; les effectifs sont ensuite complétés par étude des dossiers des élèves devant doubler ; ne sont pas retenus les élèves qui pratiquent certaines options incompatibles avec l’emploi du temps, les élèves dont le projet d’orientation n’est pas abouti, ou encore des élèves ayant fait une « année blanche » ; les familles des élèves sélectionnés sont jointes par téléphone pour accord. Toujours en juin, l’équipe se concerte avec le proviseur-adjoint pour établir un canevas d’emploi du temps ; si les enseignements dits de tronc commun sont indépendants pour les deux classes, des alignements sont nécessaires afin de constituer les modules convenant à chaque passerelle (Annexe 3). On n’oublie pas non plus d’intégrer dans l’emploi du temps des professeurs une plage commune qui permettra la concertation tout au long de l’année.
En cours d’année :
Des réunions intermédiaires au rythme d’une toutes les cinq semaines sont nécessaires pour faire le point, repérer les difficultés (des élèves, éventuellement des enseignants) ; y sont également décidés les passages de passerelle ou les contrats à mettre en place. Certaines de ces réunions sont des pré conseils de classe ou plus simplement des conseils de professeurs, ce qui permet, le jour du conseil de classe, de consacrer davantage de temps aux élèves qui y participent, le « conseil » de classe prenant alors tout son sens.
Dernière mise à jour :
» le lundi 2 juin 2008
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